Chez le médecin ou en pharmacie en anglais : expliquer ce qu'on a, sans dictionnaire

Phrases utiles · 24 septembre 2026 · 8 min de lecture · par Jérémie Chiari

Tu n'as pas besoin du nom anglais de l'organe qui te fait mal. Trois informations suffisent : où ça fait mal, depuis quand, et à quoi la douleur ressemble. Un médecin anglophone n'attend pas un exposé médical, il attend des repères simples. « It hurts here », un doigt posé au bon endroit, « since Monday », « it's a sharp pain » : la consultation peut commencer.

En pharmacie, c'est encore plus court. « Do you have anything for a sore throat? » ouvre l'échange, et tout se joue ensuite sur ce que tu comprends de la réponse. Le piège n'est presque jamais le vocabulaire savant. Il est dans « since » confondu avec « for », dans « j'ai mal au cœur » traduit mot à mot, dans une posologie entendue trop vite et jamais reformulée. Quelques phrases, apprises à voix haute, te rendent autonome dans les deux situations.

Dire où tu as mal, même sans connaître le mot exact

Tu peux décrire presque n'importe quelle douleur avec trois structures et un doigt pointé. La première est la plus fréquente : « I have a headache », « I have a stomach ache », « I have a sore throat », « I have a toothache ». La deuxième s'utilise pour un membre ou une articulation : « My back hurts », « My knee hurts when I walk ». La troisième sert quand le mot te manque : « I've got a pain in my chest », « It hurts here ».

Le lexique minimal tient en une dizaine de mots, et il couvre l'essentiel d'une consultation :

Deux mots piègent les francophones à l'oral. « Ache » se dit « éïk », jamais « atche ». « Stomach » se dit « STO-meuk » : le ch final est un k. Dans « throat », place la langue entre les dents ; « froat » et « troat » sont les deux dérapages classiques.

L'erreur la plus coûteuse reste la traduction mot à mot. « J'ai mal au cœur » ne se dit pas « my heart hurts » : cette phrase-là oriente le médecin vers un électrocardiogramme. Tu veux dire « I feel sick » au Royaume-Uni, « I feel nauseous » aux États-Unis. Autre piège : « I have pain » sonne faux. Dis « I'm in pain » ou « I've got a pain in my shoulder ».

Depuis quand, et à quel point : les deux questions qui tombent

Le médecin te demandera moins ce que tu as que depuis quand, où, et à quel point. Prépare les quatre réponses avant d'entrer : elles structurent toute la consultation.

L'erreur numéro un des francophones tient en trois mots : « since three days ». « Since » introduit un point de départ, « for » introduit une durée. Depuis lundi : « since Monday ». Depuis trois jours : « for three days ». Répète les deux formes à voix haute jusqu'à ce que le choix devienne automatique.

Il faut aussi reconnaître les questions à l'arrivée, parce qu'elles reviennent toujours dans le même ordre :

Ce vocabulaire n'a rien de théorique. Le NHS, le service de santé public britannique, publie des pages symptôme par symptôme qui emploient exactement ces mots (nhs.uk).

À la pharmacie : demander, et éviter deux faux-amis

Une seule structure ouvre presque tous les échanges en pharmacie : « Do you have anything for... ? » Le reste se construit autour.

Le nom du médicament change selon le pays. Le paracétamol se dit « paracetamol » au Royaume-Uni et « acetaminophen » aux États-Unis, où la marque courante est Tylenol. L'ibuprofène se dit « ibuprofen », vendu sous les noms Advil ou Nurofen selon l'endroit. Montre la boîte si tu en as une : c'est plus rapide que n'importe quelle phrase.

Deux faux-amis méritent une vigilance particulière ici :

Le reste du lexique est court : « an ointment » pour une pommade, « eye drops » pour un collyre, « a plaster » au Royaume-Uni ou « a Band-Aid » aux États-Unis pour un pansement. La boutique elle-même s'appelle « the chemist's » en anglais britannique.

Allergies et traitement en cours : la phrase qui te protège

La phrase la plus importante n'est pas celle qui décrit ta douleur : c'est celle qui dit ce que tu ne peux pas prendre. Dis-la tôt, sans attendre qu'on te la demande.

En cas d'urgence, deux phrases suffisent et elles doivent sortir seules : « I need an ambulance » et « It's an emergency ». Selon la Commission européenne, le 112 est le numéro d'appel d'urgence unique valable dans tous les pays de l'Union.

Le volet administratif se règle avec trois formules : « Do you accept the European Health Insurance Card? », « Could I have an invoice for my insurance? », « Do I pay now or later? ». Les conditions de prise en charge avec la carte européenne d'assurance maladie sont décrites par l'Assurance Maladie (ameli.fr).

Comprendre la réponse : la partie qui compte le plus

Le risque n'est pas de mal t'exprimer, c'est de mal comprendre la posologie. Ce sont toujours les mêmes formules qui reviennent.

Tu entendras aussi le verdict, formulé en quelques mots : « It's just a virus », « You'll need antibiotics », « I'll write you a prescription », « You should get an X-ray », « Take it easy for a few days ». Aucune de ces phrases n'est compliquée, mais elles arrivent vite.

« Twice » et « three times » se ressemblent à l'oreille quand le débit accélère. Au Royaume-Uni, « a fortnight » veut dire quinze jours. Une erreur d'écoute sur ces mots-là change le traitement, pas seulement la conversation.

Trois phrases de secours valent tout le vocabulaire du monde :

La troisième est la plus utile. Reformuler ce que tu as compris oblige ton interlocuteur à confirmer ou à corriger. Tu ressors avec la bonne information, pas avec l'impression d'avoir compris.

S'entraîner à voix haute avant d'en avoir besoin

Ces phrases ne servent que si elles sortent sans réflexion, et ça se travaille en parlant, pas en lisant. Le jour venu, tu auras de la fièvre, un décalage horaire et une salle d'attente. Ce n'est pas le moment de conjuguer.

Le Conseil de l'Europe situe ce type d'échange autour du niveau A2, celui où l'on gère des situations courantes et prévisibles (Cadre européen commun de référence). Autrement dit, tu n'as pas besoin d'un C1 pour aller chez le médecin. Tu as besoin d'une poignée de phrases disponibles immédiatement.

C'est toute la logique de la méthode Volpiko : des phrases courtes, une prononciation notée phrase par phrase, et de la conversation dès le premier jour. Le coach t'appelle à l'heure que tu choisis, dix minutes, et tu lui dis que tu prépares un voyage. Le parcours d'anglais va du pré-A1 au C2.

La démarche est la même que pour l'arrivée à l'hôtel ou pour commander au restaurant : une situation nommée, quelques phrases, répétées jusqu'à l'automatisme.

Prends dix minutes ce soir. Choisis un symptôme au hasard, et réponds à voix haute aux trois questions : où, depuis quand, à quel point. « It started on Monday. It's a dull pain in my lower back. It's worse at night. » Le jour où tu en auras besoin, ça sortira tout seul.

Questions fréquentes

Comment dire « j'ai mal ici » en anglais ?

« It hurts here », en posant le doigt à l'endroit concerné. Deux autres formes couvrent le reste : « My back hurts » pour un membre ou une articulation, et « I've got a pain in my chest » pour préciser une zone. Pour la tête, la gorge et le ventre, on dit « I have a headache », « a sore throat », « a stomach ache ».

« Since » ou « for » : comment dire depuis quand on a mal ?

« Since » s'emploie avec un point de départ : « since Monday », « since yesterday morning ». « For » s'emploie avec une durée : « for three days », « for about a week ». « Since three days » est l'erreur la plus fréquente chez les francophones, et c'est précisément la première question que pose le médecin.

Comment demander un médicament sans ordonnance en anglais ?

« Do you have anything for a sore throat? » ouvre l'échange, puis « Can I get this without a prescription? » ou « Is it available over the counter? ». Attention au nom : le paracétamol se dit « paracetamol » au Royaume-Uni et « acetaminophen » aux États-Unis. Montrer la boîte reste le moyen le plus rapide.

Comment dit-on « j'ai mal au cœur » en anglais ?

Pas « my heart hurts », qui décrit une douleur cardiaque. Pour la nausée, on dit « I feel sick » au Royaume-Uni et « I feel nauseous » aux États-Unis. « I think I'm going to be sick » annonce que ça va venir. C'est le faux-ami qui se paie le plus cher en consultation.

Quel niveau d'anglais faut-il pour gérer un rendez-vous médical ?

Un niveau A2 suffit pour décrire un symptôme, dire depuis quand et comprendre une posologie, à condition que les phrases sortent sans hésitation. Le Conseil de l'Europe situe à ce niveau la gestion des situations courantes et prévisibles. L'entraînement utile est oral : dire les phrases à voix haute, pas les relire.

Comment s'entraîner à ces phrases avant de partir en voyage ?

À voix haute, dans l'ordre d'une vraie consultation, avec quelqu'un qui pose les questions. Un coach vocal comme celui de Volpiko appelle dix minutes par jour et note la prononciation phrase par phrase, ce qui permet de rejouer la scène avant d'y être. Trente minutes de conversation sont offertes à l'inscription.

Volpiko

On réveille ton coach. Encore une seconde, et tu parles.